La Pieve de Gropina

En parcourant la route des “sette ponti” qui mène à Arezzo, le voyageur remarquera immédiatement, aux pieds de la Pieve romane de Gropina, la villa du Colombaio, plongée au milieu de ses oliviers.

La Pieve di Gropina

L’histoire du Colombaio est étroitement liée à l’église de Gropina, puisque la “Fattoria” en dépendait.
Au cinquième siècle, une première église paléo-chrétienne avait été édifiée sur la colline qui sépare le Valdarno du Casentino. Les Lombards l’ont agrandie et rebâtie au VIII siècle, mais l’église actuelle, un édifice roman d’une beauté exceptionnelle, remonte au XII siècle. D’abord une dépendance de l’abbaye de Nonantola, la pieve de Gropina devint rapidement le centre d’une grande circonscription ecclésiastique et la charge de recteur (pievano) fut l’objet de convoitise.
Une lettre de Lorenzo il Magnifico, datée de 1478, nous apprend que le célèbre souverain florentin avait demandé que le bénéfice fût octroyé à l’humaniste Angelo Poliziano, qui aurait ainsi pu profiter des bénéfices liés à la fonction.

La Chapitre Métropolitain Florentin

logo capitoloEn 1515 le Pape Léon X, de la famille Médicis et fils de Lorenzo il Magnifico, confia les biens de la Pieve au Chapitre Métropolitain Florentin, dont il avait lui-même fait partie, et ainsi la Fattoria passa sous le controle de cette institution ecclésiastique, dont il subsiste un emblème daté de 1843. Cette situation perdura jusqu’au Risorgimento.

 

Le Risorgimento

Avec l’annexion du Granduché de Toscane au Royaume de Sardaigne (puis à l’Italie), les lois subversives votées par le gouvernement Subalpin furent appliquées aussi en Toscane, dans le but de frapper l’Église, combler la dette publique et remplir les caisses de l’État, mises à rude épreuve par les guerres, mais surtout pour faire le bonheur de la riche bourgeoisie qui pouvait acquérir ces biens à bas prix. Les lois de 1966 et 1867 décrétèrent ainsi l’expropriation des biens ecclésiastiques, parmi lesquels Gropina avec les terres du Colombaio.
Le 19 décembre 1867, les terres et les maisons du Colombaio et Casarabizza furent vendus à Montevarchi et devinrent ainsi la propriété de l’antiquaire Antonio Rusca qui, en 1883, vendit sa collection d’art pour se consacrer entièrement à la gestion de ses terres.
La vieille maison paysanne fut transformée en une somptueuse Villa entre 1870 et 1900 (deux inscriptions reportent ces dates) et la propriété, agrandie, passa par héritage à la fille unique de Antonio Rusca, Emma, laquelle en 1876 avait épousé Louis Emile Prévost, provenant d’une famille protestante de Genève qui s’était établie dans la capitale toscane (on trouve encore à Florence, dans le célèbre “cimetière des Anglais”, le tombeau de son père, Edouard). La soeur de Louis Emile, Mathilde, avait épousé Charles Alexandre Steinhäuslin, originaire du Locle (NE), consul honoraire de Suisse à Florence et fondateur de la Banque Steinhäuslin.
La fille cadette de Emma et Louis Emile Prévost, Azema Prévost Rusca, hérita des propriétés du Colombaio, qui administra habilement les 162 hectares de la Fattoria aidée de son mari, Baldassarre Raffanini, originaire d’une famille catolique de Portoferraio (Île d’ Elbe). Leur fils, Franco, vendit la propriété en 1961 à Francesco Rabotti (1893-1966), le père de la propriétaire actuelle.

Les propriétaires actuels

logo Rabotti

Le Commendatore Rabotti naquit à Castelnovo ne’ Monti, dans les Appennins près de Reggio Emilia. Il provenait d’une famille de notables qui s’étaient installés à Castelnovo en provenance de Crovare en 1737. Ayant quitté Reggio Emilia pour s’installer à Milan, il commença très jeune à travailler (1909), avant de participer à la première guerre mondiale et à l’occupation de l’Albanie en tant qu’officier des Alpins. Revenu à la vie civile, il s’installa à Turin où, vers 1921, il fonda l’entreprise Francesco Rabotti, qui produisait des machines industrielles.

Après avoir vendu son entreprise (qui existe encore de nos jours) au début de la deuxième guerre mondiale, il acheta à Levanella, près de Montevarchi, la fattoria del Camminlungo. Au terme de la guerre, il reprit l’activité industrielle à Turin, en reprenant les activités des Usines Sant’Ambrogio, qui produisaient des soupapes pour moteurs (la marque Livia). L’entreprise s’agrandit ensuite à Rivarolo Canavese, en collaboration avec Eaton.

La passion pour l’agriculture le poussa à agrandir aussi les terres en Toscane, par l’union des domaines de Montevarchi avec ceux de Loro Ciuffenna, en créant ainsi la Fattoria del Camminlungo e del Colombaio, gérée avec l’aide précieuse de sa femme, Giuseppina Accastello (1960-1989).
Francesco Rabotti mourut au Colombaio en 1966 et la Fattoria resta unie pendant une trentaine d’années sous la gestion de son beau-fils, Gaetano Rennella, le mari de Carla Rabotti. L’autre fille de Francesco Rabotti est aujourd’hui, après la division des domaines, la seule propriétaire du Colombaio. C’est là qu’elle gère la production de l’huile extra vierge d’olive de la plus haute qualité, reconnue en des concours internationaux.

Fattoria_Il_Colombaio

Fattoria Il Colombaio

 

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